08.01.2009
Gestion de crise
La bonne décision au bon moment, la bonne position pour faire face à la vague: l'art de la gestion de crise réside avant tout dans le niveau d'attention et de réactivité des décideurs pour ajuster les démarches commerciales, juridiques et adapter la structure afin de rester en adéquation la plus parfaite avec chaque nouvelle contrainte environnante... tout en conservant la cohérence de l'ensemble.
Dès 2005, Le gouvernement avait voté et ajouté au Code du Commerce la mise en place de la procédure de sauvegarde en prévention des difficultés des entreprises. Trop souvent, elle n'est utilisée qu'en préalable à la mise en règlement judiciaire. Il est en effet psychologiquement très douloureux pour un dirigeant de regarder ce type de situation en face : les derniers suicides d'entrepreneurs le prouvent si besoin est.
Le mandataire ad hoc, délégué par le tribunal de commerce à cette occasion, a donc pour mission de s'assurer qu'il n'y a plus le moindre petit levier à actionner avant le dépôt de bilan... même si, en théorie, le chef d'entreprise ne peut requérir son intervention s'il est déjà potentiellement en cessation de paiement.
Le mandataire ad hoc est rémunéré par l'entreprise, cette disposition qui est applicable depuis janvier 2006 n'ayant jamais eu pour but de soulager financièrement le dirigeant de ce type d'intervention.
Plus en amont de cette démarche, il bien évidemment préférable de faire appel à un intervenant de confiance qui aura le temps de vous aider à prendre les bonnes décisions alors que les chiffres ne font que commencer à se détériorer et pour en limiter les conséquences, mais avant que les partenaires financiers, alertés par le processus en cours, ne se retirent et accélèrent encore la chute de votre exploitation.
Les navigateurs le savent bien : le virage doit être amorcé bien avant le mouvement escompté du fait de l'inertie du bateau (ne parlons pas des paquebots!).
Vous êtes peut-être à une période charnière qu'il ne faut pas la laisser passer : les exercices clos fin septembre ne laissent pas apparaître les conséquences de la crise, ceux arrêtés au 31 décembre 2008 sont encore corrects, les mauvais résultats du 4ème trimestre étant de fait répartis sur l'année. Une manoeuvre subtilement orchestrée peut améliorer le cours des choses.
Si vous prévoyez une forte chute des affaires sur votre secteur en 2009, ne soyez pas dupes de vous-même : il est urgent d'agir tout en sachant que, vis à vis des financeurs tout ira encore bien s'ils ne sont pas alertés (à vous de rassurer vos partenaires) mais concrètement vous devez définir tous les leviers d'actions (cf mes précédents articles) sur lesquels vos interventions conjuguées (même infimes mais cohérentes) vont avoir du poids pour amorcer l'adaptation indispensable à la survie de votre entreprise.
12:22 Publié dans b) ACTIONS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dépôt de bilan, cessation de paiement, procédure de prévention, administrateur ad hoc
05.01.2009
S'arrêter à temps... ou continuer
Cette année 2009 s'annonce redoutable pour les entreprises et l'ampleur du danger justifie une extrême attention sur la situation des plus vulnérables (selon la taille, le secteur d'activité).
Ce n'est pas tout à fait le hasard si la CAMIF a déposé le bilan le 23 octobre dernier pour être ensuite placé le 30 en liquidation judiciaire... le spécialiste du prêt à porter Morgan a, quant à lui, déclaré son état de cessation de paiement le 24 décembre pour être placé en redressemnt judiciaire le 30.
A compter de la date du dépôt de bilan, les factures antérieurement établies par les fournisseurs ne seront plus réglées et la trésorerie est même améliorée par les règlements de clients dont les commandes ne seront pas honorées (en cas de liquidation dans un court délai par exemple).
Le dépôt de bilan est un acte de gestion en soi, et sa date se doit d'être soigneusement étudiée... pour cause!
Il faut savoir aussi que, malgré la situation catastrophique des entreprises qui ont déposé le bilan, l'administrateur judiciaire, qui va être nommé durant la période d'observation en vue d'une poursuite éventuelle de l'activité, sera prioritairement rémunéré et de manière bien plus importante que les dirigeants... dont la défaillance de l'exploitation peut les faire "trinquer" par cautions sur biens personnels interposées. Il faut donc savoir s'arrêter à temps pour limiter les conséquences financières d'un délai trop long de mise en liquidation.
Les dirigeants vont donc devoir rester très lucides et vigilants afin d'évaluer et de gérer de manière adéquate la situation de leur société en matière de niveau de trésorerie (fonds de roulement disponible/besoin en fonds de roulement), de rentabilité de leur(s) activité(s), de prévisionnels de chiffre d'affaires (hypothèse haute et hypothèse basse).
Selon le profil du compte d'exploitation, les leviers d'actions seront identifiés pour ajuster la structure des coûts au plus près de l'exploitation prévisionnelle... ainsi, il est prioritairement évoqué la rationalisation du fonctionnement interne accompagné du départ des intérims, des CDD, puis de certains autres; bien d'autres postes de charges peuvent aussi faire l'objet d'un examen attentif... et il est quelquefois même envisageable de céder quelques actifs qui ne seraient pas complètement indispensables au bon déroulement de l'activité.
En la matière, c'est parfois la créativité dans l'art d'élaborer de nouveaux schémas de fonctionnement à temps qui va faire la différence entre une entreprise qui dépose le bilan et une qui résiste en attendant les jours plus fastes.
Cette période de crise va nous obliger à faire preuve d'inspiration dans le management de nos exploitations et de concentration sur nos objectifs, à l'instar de certaines populations qui, n'ayant pas le choix, poursuivent avec succès leurs activités de commerce au mépris de la ruine de leurs environnements.
00:27 Publié dans a) REFLEXION | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : crise, cessation de paiement, dépôt de bilan, liquidation, leviers d'actions

